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Points clés à retenir
- Plus de 600 000 poils urticants par chenille, ne jamais toucher à mains nues
- Ne jamais écraser, brûler ni arroser sous pression une procession
- Confiner avec une plaque rigide, sceller en sac hermétique, incinérer en déchetterie
- Contact chien : rincer et consulter vite, facture pouvant dépasser 2 000 euros
- Traitement pro entre 60 et 600 euros selon l’ampleur de l’infestation
Chenille processionnaire au sol, de quoi parle-t-on
La chenille processionnaire qu’on trouve en train de traverser une pelouse ou un chemin de jardin est presque toujours celle du pin, pas celle du chêne. Cette dernière reste dans les arbres et ne descend pas former de file au sol.
La descente a lieu entre février et avril, avec des cas observés dès janvier quand l’hiver est doux. Dans mon jardin, j’ai déjà vu une procession filer entre deux pins début février, un mois avant ce que j’attendais.
Ces chenilles ne se baladent pas au hasard. Elles cherchent un coin de terre meuble pour s’enfouir et entamer leur nymphose. Rien de sorcier, mais il faut le savoir : une fois enterrées, elles deviennent des chrysalides inertes environ un mois plus tard, et le danger immédiat s’arrête là.
Ouvrir l’infographie en grandPourquoi il est risqué de les tuer soi-même
Une seule chenille processionnaire libère plus de 600 000 poils urticants. Ce chiffre à lui seul explique pourquoi on ne s’approche pas d’une procession les mains nues, ni même avec de simples gants de jardinage.
Le vrai problème, c’est le geste réflexe : écraser, brûler ou passer un jet d’eau dessus. Chacune de ces actions disperse les poils dans l’air ou sur le sol environnant, sur plusieurs mètres.
Ce que j’aurais voulu savoir avant de commencer : les poils restent urticants même quand la chenille est morte. Une procession écrasée l’an dernier peut encore causer des réactions cutanées des mois après, si la zone n’a jamais été neutralisée correctement.
Ce qu’il ne faut jamais faire
- Écraser les chenilles au pied, au râteau ou à la pelle
- Les brûler au chalumeau ou avec un désherbeur thermique
- Utiliser un souffleur de feuilles ou un nettoyeur haute pression
- Verser de la javel, de l’essence ou un solvant sur la procession
- Les toucher à mains nues ou avec des gants fins non étanches
Chacun de ces gestes projette des poils urticants au lieu de les confiner. On s’attaque à ça ensemble dans la section suivante, avec une méthode qui marche sans disperser quoi que ce soit.
Méthode sécurisée pour neutraliser une procession au sol
J’ai testé pour vous (et j’ai raté une fois ou deux, notamment en utilisant des gants trop fins) avant de trouver le protocole qui fonctionne sans risque.
L’équipement minimal : une combinaison jetable, des gants étanches montant sur l’avant-bras, des lunettes de protection et un masque type FFP2. Ne faites pas l’impasse là-dessus, même pour une petite procession de dix chenilles.
La technique la plus sûre consiste à glisser une plaque rigide ou une bâche sous la procession, sans frotter ni racler le sol. On soulève l’ensemble d’un geste continu, chenilles et poils tombés compris.
Le contenu est ensuite versé directement dans un sac ou contenant hermétique, fermé sur place. La destruction se fait par incinération encadrée, en déchetterie ou via un professionnel habilité, jamais dans un feu de jardin.
Dernière étape, souvent oubliée : le nettoyage de la zone. On arrose légèrement le sol pour rabattre les poils résiduels, on ne balaie jamais à sec, ce qui les remettrait en suspension dans l’air.
Insecticides biologiques et solutions alternatives
Le Bacillus thuringiensis est une bactérie pulvérisée sur le feuillage des pins, qui tue les chenilles en tout début de cycle. Son efficacité tombe à zéro une fois la procession déjà au sol : il agit par ingestion sur les jeunes chenilles dans l’arbre, pas sur une file en marche dans l’herbe.
Les écopièges et colliers de glu posés sur le tronc interceptent les chenilles avant leur descente. C’est une action préventive, à installer en amont de la saison, pas une solution une fois la procession déjà à terre.
Dans mon expérience de terrain, le vinaigre, l’ail ou le savon noir qu’on lit parfois en remède maison ciblent au mieux les nids dans les branches. Sur une procession au sol, ça ne fait rien à part perdre du temps précieux.
Réagir en cas de contact avec un enfant ou un animal
Chez le chien, les signes typiques sont une langue gonflée, une salivation abondante et, dans les cas graves, une nécrose des tissus. Le réflexe immédiat est de rincer la gueule à l’eau tiède, sans frotter, puis de foncer chez le vétérinaire.
Une consultation d’urgence coûte entre 70 et 150 euros. Si une hospitalisation de un à trois jours s’impose, comptez 200 à 500 euros de plus, et jusqu’à 1 500 euros en cas de chirurgie pour nécrose de la langue. Au total, la facture peut grimper de 100 à plus de 2 000 euros selon la gravité.
Chez l’humain, le contact provoque des démangeaisons et une éruption cutanée, parfois une conjonctivite si les poils atteignent les yeux, ou une gêne respiratoire en cas d’inhalation. La vraie différence, elle est là : consultez un médecin ou le centre antipoison au moindre doute, en particulier pour un enfant.
Quand et pourquoi faire appel à un professionnel
Passé une certaine taille de procession, ou quand des enfants et animaux fréquentent le jardin, je préfère franchement déléguer. Une grosse colonie de chenilles avec des enfants qui jouent à côté n’est pas un chantier à risquer soi-même.
Le prix moyen d’un traitement professionnel tourne autour de 150 euros TTC, dans une fourchette de 60 à 600 euros selon l’ampleur. Un échenillage manuel de nid coûte 10 à 12 euros par nid, avec un minimum de facturation autour de 60 euros. La pose d’un écopièges se situe entre 40 et 100 euros par arbre, et un traitement biologique par Bacillus thuringiensis entre 80 et 120 euros par arbre.
Un traitement à la source, sur les nids dans l’arbre, évite la répétition du problème chaque année. La gestion ponctuelle au sol traite l’urgence, mais ne règle rien pour la saison suivante si les pins restent infestés.
Prévenir le retour des processions au sol
Dans mon expérience de terrain, diversifier les essences plantées limite fortement les infestations. Éviter de planter de nouveaux pins en zone déjà touchée est le geste le plus simple et le plus efficace sur le long terme.
Installer des nichoirs à mésanges attire un prédateur naturel des chenilles processionnaires, qui en consomme plusieurs centaines par couvée. C’est un geste gratuit et déco à la fois, que j’ai ajouté dans deux de mes jardins locatifs.
L’Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes recommande de poser des pièges à phéromones en août-septembre, via une société habilitée, pour couper le cycle avant la ponte. Associé à la pose d’écopièges avant l’hiver suivant, ce suivi réduit nettement les processions à venir.
Questions fréquentes
Peut-on éliminer les chenilles processionnaires avec un aspirateur ?
Non, l’aspirateur domestique projette de l’air et des poussières qui dispersent les poils urticants dans le sac et dans l’air ambiant. Seul un aspirateur professionnel à filtration spécifique, utilisé par un opérateur équipé, peut convenir.
Peut-on enterrer les nids au lieu de les brûler ?
Enterrer un nid ne détruit pas les poils urticants qu’il contient, ils restent actifs dans le sol pendant des années. L’incinération encadrée, en déchetterie ou via un professionnel, reste la seule méthode de destruction fiable.
Combien de temps une zone reste-t-elle dangereuse après le passage d’une procession au sol ?
Les poils urticants tombés au sol restent actifs plusieurs mois, parfois plus d’un an s’ils ne sont jamais nettoyés. C’est pourquoi l’étape d’arrosage après confinement, décrite plus haut pour tuer une chenille processionnaire au sol, ne doit jamais être sautée.



